L’Agroécologie

Certaines parties du texte de Yvan Saint-Jours tirées du hors-séries n°1 il était une fois Pierre Rabhi « KAIZEN, Changer le monde pas à pas ».

L’agroécologie sort de l’ombre
L’agroécologie c’est la solution pour combattre la faim dans le monde et plus encore. S’appuyant sur un examen approfondi des publications scientifiques de ces cinq dernières années, le rapport présente l’agroécologie comme un modèle de développement agricole qui entretient des liens conceptuels solides avec le droit à l’alimentation, et dont les résultats avérés permettent d’accomplir des progrès rapides en matière de sécurité alimentaire. L’agroécologie allie des méthodes ancestrales qui ont fait leur preuve aux dernières avancées scientifiques (mycorhize, qualité de l’eau, physique quantique…). De plus, elle apporte une sécurité économique indéniable aux producteurs et contribue de manière importante au développement économique dans son ensemble.
A l’automne 2011, l’agroécologie est le thème du nouveau documentaire de Marie-Monique Robin, Les Moissons du futur. Juin 2012 sortie de « L’Agroécologie –Cultivons la vie », l’ouvrage de H. Hollard et B. Joliet, disciples de Pierre Rabhi, en donnent une présentation a la fois approfondie et détaillée accessible à tous. Puis, en décembre 2012 on la retrouve dans la bouche du nouveau ministre de l’Agriculture, présentée comme une solution à tous nos problèmes.

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Un mot, des définitions
Les premières traces du terme « agroécologie » remontent à la fin des années 20. Ce néologisme est tout simplement la contraction des mots : « agriculture » et de « écologie », ce dernier étant à prendre au sens scientifique et non politique. On pourrait résumer cela comme étant une forme d’agriculture qui prend en compte toutes les données environnementales du lieu où elle se pratique.
L’agroécologie, telle qu’elle est développée dans beaucoup de centres de recherches en agronomie, est avant tout un panel d’outils pour produire localement de la nourriture et résoudre la question de la faim dans le monde. C’est une discipline enseignée à l’université de Berckley (États-Unis) par le professeur Miguel Altieri, qui en donne cette définition : « L’agroécologie est l’antithèse de l’agriculture industrielle, parce qu’elle n’est pas basée sur des intrants, mais sur des processus. Elle s’appuie sur une série de principes comme l’accroissement de la biodiversité, le recyclage, l’augmentation des matières organiques du sol, l’intégration des animaux, etc. »
Pour autant, d’autres, comme le mouvement Via Campesina, voient dans l’agroécologie plus qu’une simple méthode agricole globale, mais un véritable levier pour que le monde paysan sorte de la pauvreté et recouvre sa souveraineté alimentaire. Voici la définition qu’en a donnée Via Campesina dans sa Déclaration de Surin (première rencontre mondiale de l’agroécologie) : « Pour nous, la véritable agriculture paysanne durable est basée sur le retour aux méthodes d’agriculture paysanne traditionnelles, sur le développement de nouvelles pratiques écologiques, sur le contrôle et la préservation des terres et des semences, ainsi que l’égalité sociale et entre les sexes (…). Il est évident, pour nous, que des terres détenues selon des principes féodaux ne peuvent pas être considérées comme agroélogiques, même si elles sont exploitées sans aucun agent chimique. Une ferme contrôlée par des hommes, sans que les femmes aient un pouvoir de décision, ou dans laquelle les femmes ont une charge de travail plus importante, n’est pas agroécologique. »

L’agroécologie selon Pierre Rabhi
Pratiques agricoles vertueuses globales pour certains, associant savoir-faire ancestraux et recherches de pointe, avec vocation de développement économique, ou encore de parité pour d’autres, l’agroécologie revêt plusieurs visages. Il est vain de vouloir la cantonner à une seule approche, toutefois il est nécessaire d’en comprendre l’essence pour pouvoir appréhender l’ouvrage de Pierre Rabhi. Lorsqu’il entame sa découverte d’une agriculture différente, ce dernier puise la matière dans la biodynamie, agriculture respectueuse du vivant inspirée par Rudolf Steiner. Dans son premier ouvrage publié en 1983, Du Sahara aux Cévennes, Pierre Rabhi ne parle pas encore d’agroécologie. Il cite l’agrobiologie ou la biodynamie, voire ses « dix-sept années de pratique de l’agriculture organique vivrière ». Il découvre le terme lors de son premier voyage au Burkina Faso et au Sahel, ravagés par la sécheresse de 1970. La théorie de l’agroécologie ressemble en tout point à ce qu’il a mis en place durant près de 20 ans sur la ferme familiale en Ardèche. Il décide de l’explorer, d’en amplifier la résonance par la pratique, et de la faire connaître et reconnaître.
Aujourd’hui, difficile d’employer le terme agroécologie sans y associer le nom de Pierre Rabhi. Son approche globale est unique : « L’agroécologie est pour nous bien plus qu’une simple alternative agronomique. Elle est liée à une dimension profonde du respect de la vie et replace l’être humain dans sa responsabilité à l’égard du vivant », écrit-il. Bien sûr, son histoire personnelle de déchirures entre deux cultures, son approche philosophique de la vie et son expérience de terrain sont intimement liées à cette vision.
Voici ainsi la définition la plus complète de l’agroécologie selon Terre & Humanisme, association initiée par Pierre Rabhi : « Il s’agit bien plus qu’un ensemble de techniques agricoles simples, économes, respectueuses de la biodiversité, accessibles à tous et ayant fait les preuves de leur efficacité dans les conditions les plus difficiles. Sous-tendue par une pensée humaniste, faite de respect, d’équité, de solidarité et de coopération, l’agroécologie conduit à l’autonomie, privilégie l’économie de proximité et n’oublie pas pour autant de laisser une place à la beauté, à la poésie. Elle est une alternative globale pour chaque individu et pour la collectivité, basée sur le respect du vivant (…). En ce temps où nous assistons à un mouvement d’éveil des consciences, l’agroécologie est porteuse d’un véritable changement de société. »

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