Demain nos métiers

DEMAIN NOS MÉTIERS

Il aura fallu du temps pour que l’on admette enfin que l’artisanat, ou tout simplement le travail manuel, a été durant des siècles l’activité essentielle pour une grande majorité d’hommes et de femmes. C’était l’époque où, du cordonnier au maréchal-ferrant, du bourrelier à la couturière, du charcutier au serrurier, du boulanger au paysan, “les petits métiers” constituaient l’activité première de nos villes et de nos campagnes. Les hommes travaillaient de leurs mains et gagnaient leur pain à la sueur de leur front.

Il était alors de rigueur de voir les bons éléments (ceux qui travaillaient bien en classe), se diriger vers des professions dites intellectuelles, et les autres, les moins doués, se diriger vers les métiers manuels. De ce fait, l’artisanat et les métiers manuels perdirent de leur prestige.

L’expérience montre que la machine est un complément incontournable qui ne remplacera jamais, ni la main de l’homme ni son intelligence dans l’exercice de sa profession.

Il aura fallu que la France soit plongée dans la crise que nous connaissons et qu’il soit plus fréquent de nos jours de trouver sur le marché du travail des bacheliers ou de grands diplômés plutôt que des pâtissiers, cuisiniers, plombiers ou autres professionnels de valeur, pour qu’enfin on comprenne la nécessité de revaloriser le travail manuel.

Certes, nous n’irons jamais plus à l’artisanat du siècle dernier, mais nous reviendrons forcément vers un artisanat moderne, valorisé et reconnu.

Situé entre l’artisan de ce début du siècle, et l’intellectuel diplômé et érudit, les professionnels et les artisans de demain seront des hommes libres, fiers de leur métier et de leur talent ; ils auront eu pour cela une bonne éducation scolaire et une bonne formation professionnelle.

C’est dans cette parfaite harmonie, éducation et formation, et par un encouragement poussé à l’apprentissage, que nos métiers retrouveront leurs lettres de noblesse et que toutes nos professions connaîtront encore de beaux jours.